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"Pauvre bichette"



« Pauvre bichette ! », c’est le qualificatif qu’un employé d’une grande surface vient de m’adresser. Je vais vous raconter une scène ordinaire du quotidien où s’est joué un rapport de pouvoir, de familiarité et de minimisation.


Je suis au rayon fruits et légumes, devant les avocats. Deux cagettes avec quelques avocats sont posées en bric à brac au-dessus des cagettes pleines. Pour voir les avocats du dessous, je dépose les 2-3 avocats qui se battent en duel dans ces deux cagettes et les pose à terre.

Cet employé arrive aussitôt, probablement parce qu’il m’a vue faire. Il récupère les cagettes posées au sol pour les replacer sous les autres afin de les surélever. Je lui explique simplement que je les avais enlevées parce que je ne voyais pas les avocats qui étaient en dessous.


Et là, il me répond : « Oh, pauvre bichette. »


Je le recadre :

« Je ne suis pas votre bichette. Nous ne nous connaissons pas. Vous n’avez pas à m’appeler comme ça. »


Il me répond :

« Oh, mais c’est pour rire. »


Notez bien que cette réponse revient souvent lorsqu’une limite est posée.


Je lui réponds :

« Non, justement, ce n’est pas drôle et c’est déplacé. »


Visiblement contrarié d’être recadré, il ajoute :

« Ah oui, c’est vrai, la nouvelle génération, on n’a pas la même mentalité. »


Je lui fais remarquer que ce n’est pas une question de génération parce que j'appartiens probablement à la même génération que lui : la génération X.


𝐃𝐞́𝐜𝐫𝐲𝐩𝐭𝐚𝐠𝐞 :


Comment un homme peut se permettre d’utiliser un diminutif affectif comme « Bichette », dans l’espace public, en parlant d’une personne qu’il ne connaît pas ? Dans quel monde vit-on ? Où est le savoir vivre et le respect ?


En l’entendant m’appeler ainsi, j’ai été surprise et j'ai ressenti un malaise. J’ai eu le sentiment d’être sa chose alors que je ne l’avais jamais vu de ma vie.


Ce monsieur n’a pas apprécié que je le recadre. Pour se défendre, il a mis en avant l’humour comme souvent, lorsque la personne ose dire que cela la dérange.


Ce diminutif affectif n’est pas de l’humour. Cet homme s’autorise de la familiarité et de la proximité. Rien dans cette situation justifie son comportement. En brandissant l’humour comme bouclier, il veut minimiser ses paroles et son comportement. Comme si le problème ne venait pas de son comportement déplacé mais de moi qui ose poser une limite. Il cherche à inverser la culpabilité. Le problème n’est pas la personne qui ose dire non, le problème est le comportement de cette personne qui est inexcusable, intolérable et injustifiable.


Je ne pense pas que cet homme se serait permis cette remarque s’il avait eu en face de lui un autre homme. Je doute sincèrement qu’il aurait lancé, au beau milieu du rayon fruits et légumes : « Oh, pauvre biquet. »


Si les rôles avaient été inversées, moi, en tant que femme, cela ne me serait jamais venu à l’idée de dire à un client, « Oh, pauvre biquet ».


Ce que j’y vois, c’est cette habitude qu’ont certains hommes de s’autoriser avec les femmes une proximité, une familiarité qu’ils ne prendraient pas avec tout le monde.


Et puis, pour se défendre, il parle de « génération » mais cela sous-entendait plutôt « On ne peut plus rien dire. ». Il n’a simplement pas risqué de le dire parce qu’il sait très bien qu’aujourd’hui les femmes osent davantage recadrer ce qu’elles acceptaient autrefois sans rien dire. Et cela déstabilise ceux qui ont l’habitude que ces petites familiarités passent crème sans réaction.


Non à la familiarité.

Non aux paroles déplacées sous couvert d’humour.

Non à laisser passer ce genre de comportement.


Oui, je suis et tu es légitime de recadrer et de poser une limite. C'est de ma/ta responsabilité d'avoir cette posture pour me/te faire respecter.


Cette scène est révélatrice d’une habitude patriarcale qui n’a plus lieu d’être en 2026. En tant que femme, je suis légitime de me faire respecter dans l’espace public. Si vous aussi, vous voulez vous faire respecter dans l'espace public dans ce genre de situation ou dans l'espace privé, mais vous n'y arrivez pas, cela vous tétanise face à ce genre de remarque, je peux vous aider à apprendre à vous affirmer. Vous pouvez découvrir mon accompagnement sur mon site ou me contacter directement ici : : https://sabrinasurot.wixsite.com/monsite

 
 
 

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